Un mot, plusieurs types de preuves
La merienda apparaît dans une peinture, un souvenir local ou une étude sur l’alimentation. Ces documents ne répondent pas à la même question. Une image atteste qu’une scène a été représentée ; un souvenir consigne une évocation située ; une étude peut réunir des témoignages ou des références dont la portée dépend de sa méthode. Confondre ces traces reviendrait à en faire une coutume uniforme que les sources disponibles ne démontrent pas.
La prudence est d’autant plus importante que le sujet paraît familier. Reconnaître le mot « merienda » ne permet pas de savoir ce qui était mangé, qui partageait la table ni à quelle fréquence. Pour examiner ces questions, il faut d’abord identifier le type de document et ce qu’il affirme réellement.
La scène peinte n’est pas un relevé de consommation
Un texte consacré à l’Espagne du XVIIIe siècle identifie La merienda a orillas del Manzanares, également appelée La merienda, comme une peinture de Goya datée de 1776 et indique que l’artiste s’est inspiré d’un sainete homonyme. Cela permet d’étudier la merienda comme sujet de représentation et de relier l’œuvre, selon cette source, au théâtre. Cela ne permet pas de traiter la scène peinte comme l’observation directe d’un repas quotidien ni d’en déduire un menu habituel.
Cette distinction ne diminue pas la valeur de l’image. Elle en précise l’intérêt : l’œuvre aide à étudier la représentation d’un repas et les liens possibles entre peinture et théâtre. Pour formuler des conclusions sur les habitudes réelles, d’autres types de preuves seraient nécessaires.
Les souvenirs racontent une expérience située
Un passage d’El Setiet, publié par le Museu Escolar de Puçol, évoque les « monas » à la fin de la merienda et le besoin d’être bien approvisionné. Il situe aussi le souvenir à San Vicente, dans un contexte local. C’est un indice utile de la manière dont une mémoire écrite évoque aliments et préparatifs. À lui seul, le passage ne dit pas si cette pratique était répandue ni si elle concernait d’autres lieux ou groupes.
La même prudence s’impose pour les extraits d’une étude sur les habitudes alimentaires à Bogotá entre 1810 et 1920. Le résultat de recherche cite une merienda à cinq heures et une tasse de chocolat, ainsi qu’une référence aux papas chorreadas. Cet extrait signale des matériaux susceptibles d’orienter une enquête ; sans lire l’étude complète et vérifier la provenance de chaque citation, il ne faut pas en faire un portrait représentatif de Bogotá.
Publicité, littérature et pratique domestique
Une bibliographie du portail Gastronomía y Literatura répertorie une étude dont le titre mentionne « Bollycao boy » et la merienda dans la poésie de Juan Antonio González Iglesias. Cette notice atteste l’existence d’une approche littéraire de l’alimentation et de la merienda ; sans lecture de l’étude, elle ne permet pas d’en connaître les conclusions sur la consommation ou la publicité.
Alimentos con historia contient un passage évoquant du chocolat servi lors d’une merienda dans une anecdote consacrée à un évêque. La présence du chocolat documente le récit, non la fréquence de sa consommation dans la population. Pour distinguer promotion commerciale et pratique domestique, il faudrait pouvoir comparer annonces, emballages ou livres de recettes avec des témoignages d’usage. Les extraits disponibles ici ne permettent pas cette comparaison.
Lire les traces sans leur faire dire trop
Historia de la cultura material en la América equinoccial propose une explication étymologique de « merienda » et des références à des aliments dans une source historique. Cette perspective diffère de celles d’une peinture, d’un souvenir local ou d’une bibliographie littéraire. Le rapprochement de ces documents permet de poser des questions : comment chaque source nomme-t-elle le repas, quel lieu concerne-t-elle, et décrit-elle une pratique, une représentation ou un souvenir ?
La conclusion doit rester circonscrite. Les sources fournies montrent que la merienda figure dans des documents artistiques, historiques, littéraires et de mémoire locale, avec des exemples précis d’aliments mentionnés. Elles ne suffisent pas à définir une expérience commune, à mesurer la fréquence de ces aliments ni à reconstituer une évolution continue. Cette limite rappelle une méthode solide : replacer chaque trace dans son contexte avant de les réunir autour d’une même table.
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Sources et références
- Hábitos alimenticios en Bogotá, 1810-1920 - Repositorio UNALrepositorio.unal.edu.co · 2026-10-01
- Alimentos con historiawww.mercasa.es · 2026-10-01
- Comer en la España del siglo XVIII. Historias de hambre y ...jovellanos.org · 2026-10-01
- Historia de la cultura material en la América equinoccialoibc.oei.es · 2026-10-01
- El Setietwww.museopusol.com · 2026-10-01
- Relación de estudios - Gastronomía y Literaturawww.cervantesvirtual.com · 2026-10-01
