L’histoire de l’alimentation ne consiste pas seulement à classer d’anciennes recettes ou à choisir le plat qui représenterait le mieux une époque. Les sources disponibles montrent un travail plus vaste : transformer pratiques quotidiennes, publications, objets et vocabulaires en documents que l’on peut interroger. Cette approche est particulièrement utile pour traiter de nourriture et de confiseries sans les réduire à une succession de produits.
Un champ qui possède aussi son histoire
L’article de 2009 « La historia de la historia de la alimentación », publié dans Chronica Nova, examine le parcours de ce domaine de recherche. Le fait même qu’une étude analyse la manière dont l’alimentation a été écrite suggère que le sujet n’était plus une simple curiosité culinaire. Il disposait de précédents, de méthodes et de débats propres.
La documentation fournie mentionne aussi un ouvrage collectif paru à Paris en 1970 comme jalon de cette généalogie bibliographique. Elle ne permet ni d’en résumer le contenu ni de lui attribuer une influence totale. Elle permet en revanche de retenir 1970 comme date présente dans l’histoire documentée du champ. L’alimentation pouvait être étudiée comme une composante de la vie sociale et historique, et non comme un simple inventaire gastronomique.
Ce qu’une source peut conserver
Les bibliographies de la Bibliothèque nationale d’Espagne montrent la diversité matérielle du sujet : livres de recettes, itinéraires gastronomiques, études de tables historiques et catalogue d’exposition consacré à l’alimentation et à la culture. Chaque forme répond à une question différente. Un livre de recettes conserve une proposition culinaire ; un guide organise un territoire ; une étude développe une interprétation ; un catalogue témoigne d’une sélection publique d’objets et d’idées.
Ces matériaux ne doivent donc pas être confondus. Une notice prouve l’existence éditoriale d’un ouvrage et aide à le retrouver, sans valider automatiquement chacune de ses affirmations. Un catalogue d’exposition documente de même une initiative culturelle précise, non l’histoire entière d’un aliment.
Confiseries, mots et territoire
Le livret du Museo de La Rioja consacré à la golmajería ouvre une autre piste : celle du langage local. Il associe La Rioja Baja aux friandises et aux douceurs, et définit golmajo comme une personne gourmande. L’indice est limité, mais utile : les mots montrent comment une communauté nomme un goût, une pratique ou une catégorie de produits.
Il ne faudrait pas transformer ce terme en histoire nationale. La source le situe dans un cadre régional et dans une collection ethnographique. C’est précisément cette échelle qui importe : la mémoire alimentaire peut être liée à des usages locaux, à des collections particulières et à des manières de parler absentes des grands récits.
Des archives au-delà des bibliothèques
FoodCultura se présente comme une organisation à but non lucratif consacrée à la culture alimentaire par l’art et la recherche, créée par Antoni Miralda et Montse Guillén. Son archive suggère un champ plus large : la culture alimentaire peut aussi être rassemblée et étudiée par des pratiques artistiques et de recherche.
Une courte présentation ne permet pas d’établir tout le contenu de cette archive. Elle autorise néanmoins une conclusion prudente : la documentation alimentaire peut prendre des formes multiples, des publications aux matériaux d’exposition, des registres institutionnels aux collections et archives spécialisées.
Se méfier des récits trop parfaits
Les confiseries suscitent volontiers des récits d’origine séduisants. La presse spécialisée citée affirme qu’Enric Bernat a inventé Chupa Chups en Espagne en 1958. C’est un point de départ possible pour un article ciblé, mais non une preuve suffisante pour reconstituer toute l’industrie du bonbon. Les récits généraux sur les bonbons, la sécurité et les emballages demandent eux aussi une vérification indépendante.
La prudence ne diminue pas l’intérêt du sujet. Elle distingue le documenté de l’interprétation et évite de combler les lacunes par la nostalgie ou une certitude artificielle.
Une histoire faite de strates
Les sources réunies permettent une conclusion simple : étudier l’alimentation, c’est étudier des sources. La recherche universitaire apporte des cadres ; les bibliothèques rendent l’édition repérable ; les musées préservent objets et vocabulaires ; les archives culturelles ouvrent d’autres mémoires. Aucune strate ne suffit isolément.
Pour RetroPause, le meilleur départ n’est pas de promettre une histoire totale des friandises, mais de suivre leurs traces : un mot régional, un catalogue, une exposition, une bibliographie ou une archive. C’est là que commence une histoire alimentaire plus vérifiable, donc plus riche.
- Décennie
- Années 2000
- Région
- Espagne
- Niveau
- Passionné
- Entités
- Aucune entité associée
Sources et références
- * Universidad de Barcelona. LA HISTORIA DE LA HISTORIA DE LA ALIMENTACIÓNdialnet.unirioja.es · 2026-09-19
- MINISTERIO DE CULTURA Y DEPORTE BIBLIOTECA NACIONAL DE ESPAÑA GASTRONOMÍAwww.bne.es · 2026-09-19
- Museodelariojawww.museodelarioja.es · 2026-09-19
- Archivowww.foodcultura.org · 2026-09-19
- Caramelos y chicles: historia de un dulce milenario en constante evoluciónwww.sweetpress.com · 2026-09-19
- Historias y estudios generaleswww.bne.es · 2026-09-19
- La historia de la historia de la alimentación | Chronica Nova. Revista de Historia Moderna de la Universidad de Granadarevistaseug.ugr.es · 2026-09-19
